2016

Chants Sacrés et Chansons Traditionnelles

 

Vendredi 9 et Samedi 10 Septembre

Prolégomènes

Le Sacré est difficile à définir parce qu’il se ressent, plutôt qu’il se dépeint par des mots. La sociologie, l’anthropologie s’efforcent de le délimiter, et l’ethnologie montre qu’il est différent suivant les points du globe. Les mythes l’expliquent.

Les rites, desquels se dégagent une permanence et une universalité, le mettent en oeuvre. Toute une symbolique lui est attachée, qui correspond à certaines données fondamentales de la structure de l’univers. Les religions le gèrent, chacune à leur manière, comme les sociétés animistes, où il forme une forte relation triangulaire avec la nature et les êtres humains.

Il s’agira de montrer qu’en regard du sacré, la bipartition entre musique sacrée et musique traditionnelle n’est jamais en terme d’opposition, mais bien en perspective de rencontre, comme les travaux de Jacques Viret le montrent à propos du chant grégorien. Nous réfléchirons à partir de chants de la France métropolitaine et de l’ïle de La Réunion, et de chants sardes, afro-américains et asiatiques.

De la catégorie, très large, des chants sacrés, nous laisserons de côté les compositions savantes élaborées sur des textes appartenant à des corpus religieux, ou les évoquant. Nous retiendrons les chants rituels et liturgiques des religions du Livre, les cantiques au statut particulier, les chants des religions élémentaires, les incantations et les danses… La facture de tous ces chants, musiques du monde, à l’origine, de tradition orale, va d’une très simple expression à la plus grande luxuriance. Comme les membres d’une famille, des rites différents peuvent ressortir d’une même source. Dans tous les cas, les sons servant de pont pour communiquer avec l’immense et l’infini en unissant la nature à la surnature, la voix humaine devient un médiateur avec les dieux et les forces surnaturelles.

Par chants traditionnels, nous ne visons pas ces chansons « folkloriques », que la mise en spectacle fige, et qui tendent à montrer le passé d’une musique, mais bien la chanson vivante, fonctionnelle, reflet de la vie et porteuse de sens, qui appartient à un patrimoine de culture populaire. À cet égard, le monde entier est orné d’une vraie mosaïque de cultures, dont la contiguïté tient lieu de richesse. Accompagnant les fêtes et les étapes de la vie, ce sont aussi de vrais chants rituels, qui racontent, ou font vivre une fonction (bercer, marcher, travailler…).

Nous confronterons ces deux catégories de chants pour faire ressortir des universaux, et une « vérité sacrée », source d’inspiration et de créativité en plein devenir. Les éléments communs des musiques sacrées (orientales et occidentales) aux musiques traditionnelles sont nombreux. Leur influence mutuelle est à souligner. Les échelles constitutives, pauvres (de 2 à 4 ou 5 degrés), d’une partie de ces répertoires nous renvoient aux prototypes : ils sont tous sont issus d’un héritage de l’extrême antiquité de l’humanité, de couches communes de culture, de migrations, d’éléments, dont se retrouvent les traces à tous les niveaux de la culture du monde entier, en premier lieu, la tournure modale, avec sa profonde action psychologique.

Loin d’être des brins secs d’herbiers ou des papillons épinglés, ces musiques, finalement «traditionnelles», vivent par la transmission. Chaque nouvelle interprétation apparaît comme une variante due à la fois aux limites de la mémoire humaine et à une pratique de mémorisation plus ou moins schématique. Elles bénéficient d’innovations successives et se transforment par l’intégration de nouveaux éléments apparus dans leur environnement, seules conditions de leur survie. Même certaines musiques sacrées des plus soigneusement « conservées » finissent par bouger aussi, au gré des générations.

Il arrive que la dimension du sacré et ses rituels envahissent, voire « confisquent » ce qu’on appelle la « Tradition » ou la « Culture ». Tenant sa valeur de ce qu’il est, et non de ce qu’on en fait, le rite n’est pas identifiable à la Tradition. Cependant, avec « une efficacité d’ordre extra empirique », il contient et informe le principe de tradition vivante. Les chants rituels peuvent alors insuffler aux communautés et aux groupes un sentiment d’identité, non seulement spirituelle, mais aussi géographique et culturelle. De là à la revendication ethnique, il n’y a qu’un pas.

Ainsi, la musique sacrée et musique traditionnelle – deux traditions, deux patrimoines immatériels, qui ont fait des civilisations – tissent des liens de renouveau en renouveau, entre le passé et le présent et entre les personnes qui les partagent. Mais, à la croisée de leurs chemins, elles échappent au temps, parce qu’elles nous viennent d’un ailleurs toujours présent.

 

 


Une mystérieuse alchimie de l’Or de la voix et de l’Or des chemins de l’exploration spirituelle faisant éclore ce double chiasme  :

Vox aurea, via sacra χ Vox sacra, via aurea

(Voix d’Or, voie sacrée χ Voix sacrée, voie d’Or)

Le programme

Vendredi 9 septembre 2016

CITÉ DE L’OR – PYRAMIDE DES MÉTIERS D’ART

  • 8h45 – Thierry Vinçon, Maire de Saint-Amand-Montrond : Propos liminaires.
  • 9h15 – Yves Defrance (CFMI-U. Rennes 2) : Répertoires vocaux des pays celtiques, entre le sacré et le profane.
  • 10h15 – Nathalie Morel-Borotra (U. Bordeaux III – Michel de Montaigne) : Chants Basques sacrés et profanes.
  • 11h30 – Mic Baudimant (Président des Thiaulins de Lignères) : « Briolages », chants de plein air en Berry.
  • Buffet 13h
  • 14h30 – Benjamin Lagarde (U. Aix-Marseille) : Le maloya de la Réunion.
  • 15h30 – Denis-Constant Martin (Science Po Paris et Bordeaux) : Les chants afro-américains, des spirituals au gospel contemporain.
  • 16h45 – HÔ Thuy-Trang : Musiques d’Asie.

ÉGLISE SAINT-AMAND

  • 21h – Black Harmony Gospel Singers – Gospels

Samedi 10 septembre 2016

CITÉ DE L’OR – PYRAMIDE DES MÉTIERS D’ART

  • 10h – Films autour du Patrimoine musical ou Ateliers au choix
  • 15h – Salvatorangelo Pisanu (Diplômé des U. de Bologne et Corte) : Le chant sarde (conférence illustrée par le Coro de Bosa) suivie de :
  • Rencontre avec les chants de danses sardes.

ÉGLISE SAINT-AMAND

  • 21h – Coro de Bosa – Voix Sardes

Les communications

 

Chaque communication dure 40 à 45 minutes, suivie d’un débat de 15 minutes.

YVES DERANCE

Répertoires vocaux des pays celtiques, entre le sacré et le profane

NATALIE MOREL-BOROTRA

Le chant basque

Depuis longtemps, les Basques sont considérés comme « un peuple qui chante » (titre d’un ouvrage de Jean Ithurriague paru en 1947), au café mais aussi à l’église. Les publications de cantiques se sont succédées depuis le premier recueil de noëls et de chants spirituels paru en 1631. On essaiera de montrer comment s’est construit ce lien entre identité basque et chant, alimenté par les récits de voyageurs, cautionné par le Parti nationaliste basque comme par les mouvements régionalistes, et diffusé par un mouvement choral particulièrement dynamique aujourd’hui encore. Charles Bordes, qui a joué un rôle important pour la connaissance des chants populaires basques, y voit un répertoire issu du plain-chant – une thèse que reprendront les collecteurs de la première moitié du XXème siècle dont les travaux font apparaître un très riche corpus profane et religieux. Les cantiques collectés servent de base et de référence pour l’établissement d’une liturgie basque qui s’imposera après le Concile Vatican II. L’approche historique éclaire donc la situation actuelle, où la fameuse « messe basque » conjugue dimension religieuse, plaisir vocal et particularisme revendiqué.

MIC BAUDIMANT

Briolages, chants de plein air

Sous des termes différents, les chants de labour sont présents dans beaucoup de contrées du monde. Chez nous, George Sand est la première à parler du « briolage », dont la pratique est attestée dès 1725. Ce chant de travail réunit les gestes du parler et sons du chanter.

Comme tous les chants accompagnant les travaux agricoles, les briolages naissent d’une relation complexe entre la nature du travail effectué et les formes vocales qui l’accompagnent. Les bêtes de somme et leurs partenaires, les hommes, semblent se comprendre.

En relation avec la fertilité de la terre, la beauté de la nature, ces chants ont une dimension sacrée. De plus, ils ont beaucoup de points communs les chants d’église qui sont l’une des sources musicales du monde paysan. 

BENJAMIN LAGARDE

Le maloya de la Réunion

Art du dire, le chant maloya procède de la rencontre forcée de populations africaines, européennes et asiatiques réalisée sur les plantations de l’île de La Réunion. Déterminé par ce cadre esclavagiste, il exemplifie l’invention d’un mode de vie créole. A ce titre, ses mobiles furent d’emblée existentiels puisque recréer le monde, soigner l’être, refaire sens et tisser de nouveaux liens humains sont aux fondements de cette pratique traditionnelle par ailleurs inscrite au Patrimoine Culturel Immatériel de l’Unesco depuis 2009. A travers une plongée dans l’usage rituel du maloya dédié à la danse de possession des ancêtres, cette conférence aborde les différents répertoires du maloya dont on ne saurait occulter le caractère religieux ni le rôle transcendantal qu’il joue dans la création contemporaine.

DENIS-CONSTANT MARTIN

Les chants religieux afro-américains, des spirituals au gospel contemporain

Le gospel afro-américain est l’aboutissement d’une longue histoire de création. Les esclaves d’origine africaine mêlèrent des traits musicaux caractéristiques des sociétés où ils avaient été enlevés aux chansons et aux cantiques européens pour inventer les spirituals. Après l’abolition et au cours du XXème siècle, des compositeurs les remodelèrent puis créèrent de nouveaux chants religieux diffusés par le disque, la radio et la télévision : les gospel songs. Les modernisations successives de ces chants empruntèrent aux musiques profanes (jazz et blues) pour les influencer en retour. Cette conférence retracera l’histoire des spirituals et des gospels de tous styles; elle rappellera que les chants religieux afro-américains ont porté un espoir de libération qui servit de ciment à des victimes de l’esclavage et du racisme et fournit des hymnes utilisées dans les combats pour la dignité et la justice.

HÔ THUY-TRANG

Musique d’Asie
Chaque région du Vietman a ses traditions pour sa musique qui repose sur les intonations de la langue et des accents. Les chants traditionnels sont souvent sacrés. Ils vénèrent les puissants et les dieux, sans oublier les hommes car ils racontent aussi la vie quotidienne.

On célèbre dans le Nord la Déesse – Mère des Trois Mondes – par des chants mettant en valeur la nature, la croyance et bien sûr, l’amour, cela à côté du bouddhisme, à valeur nationale, également accompagné de chants. Les chants du Centre, où se pratique aussi essentiellement le bouddhisme, sont liés à l’atmosphère de la Cité impériale, aux héros qui ont oeuvré pour le pays… Dans le Sud, parmi les chants bouddhistes, s’élèvent des chants célébrant le Hòa Hảo.

Yves Defrance

Enseignant-chercheur, Y. Defrance est co-responsable du CFMI à l’Université de Haute-Bretagne-Rennes 2. Ses thèmes de recherche sont nombreux, de l’organologie, des musiques vocales et chorégraphiques, en passant par l’étude des mutations musicales, des discours et pratiques contemporaines… L’Europe (pays celtiques, régions françaises, Balkans, monde méditerranéen …), l’Afrique (Maghreb, Mali, Afrique du Sud), les Amériques (Antilles françaises, Québec, Appalaches, Louisiane, Brésil-Nordeste, Bolivie, Pérou, Argentine), l’Asie ; Indonésie (pays Sunda, Java central, Bali, Sulawesi) ; le Vietnam Nord (Hà Nôi, Hmong, Thai, Nung, …) ; le Vietnam Sud (Don ca tài tu) ; l’Inde du Sud (Kerala central) ; l’Archipel Ryûkyû : Amami et Okinawa (Japon) ; la Chine (minorités Miao, Dong et Hani) sont ses terrains d’enquêtes.

Parmi ses publications :

Imaginaires en Bretagne. Approches ethnologiques des représentations contemporaines, Rennes, 1993.

Musiques traditionnelles de Bretagne, 2 vol., Morlaix.

L’archipel des musiques bretonnes, Paros/Arles, avec un CD.

avec CASTERET J.-J., La polyphonie dans les Pyrénées gasconnes. Tradition, évolution, résilience, Paris, 2012.

Plus de 60 publications régionales, nationales et internationales, parmi lesquelles :

« Le kan ha diskan. À propos d’une technique vocale en Basse-Bretagne », Cahiers de musiques traditionnelles, Genève, 1991/4, p. 131-154 (http://ethnomusicologie.revues.org/1582) ; « Les pratiques musicales en Pays Bigouden. Tradition et modernité », Le Pays Bigouden, à la croisée des chemins, Brest, 1993, p. 189-194 ; « L’emprunt, facteur de renouvellement musical dans les pays celtiques » in Liber amicorum I. Caizeaux, New York, 2005, p. 5-18 ; « Tendre l’oreille vers l’autre. Une évolution occidentale complexe », in Fascinantes étrangetés, 2014 ; « La microimprovisation, ferment des musiques de tradition orale », Arts et improvisation collective, Paris, 2014 ; « Sonner avec son corps. Danser avec sa voix», Montréal/Québec, 2013.

Il réalisa des films : Menez-Meur, Fest-noz, Hát Nung An (Nord-Vietnam), La Ideal (Buenos Aires, tango portègne), Shima-uta of Amami islands (archipel Amami, au sud du Japon)… et publia des archives sonores et audiovisuelles. Outre des colloques, il organisa des festivals de musiques traditionnelles et des Exposition.

Nathalie Morel-Borotra

Natalie Morel-Borotra est maître de conférences à l’Université Bordeaux Montaigne et docteur en musicologie de l’Université de Paris IV-Sorbonne. Elle est l’auteur d’articles et d’ouvrages qui concernent principalement les processus de construction culturelle dans le répertoire des écoles nationales, en particulier dans le domaine basque (chant populaire et savant, théâtre lyrique), ainsi que les formes d’organisation de la vie musicale institutionnelle (concert, opéra, danse) aux XVIIIème et XIXème siècles.

Publications :

2003, Natalie Morel Borotra a obtenu le prix de la Ville de Bayonne et de Eusko Ikaskuntza pour son livre sur l’opéra basque éditions Izpegi de Baigorri.
« Le chant et l’identification culturelle des Basques (1800-1950) », Lapurdum, 5/2000.

« Comment Pierre-Jean Garat est devenu un chanteur basque : de l’Histoire au(x) mythe(s) », Lapurdum, 9/2004.

« Les modèles français et espagnols dans la création de l’opéra basque », dans L. Jambou, La musique entre France et Espagne, Interactions stylistiques, 1870-1939, vol. 1, Paris, Presses U. Paris- Sorbonne, 2004, p. 81-102.

Mic Baudimant

Arrière petit-fils de marchands d’ânes, figure du Berry et défenseur des arts et traditions paysannes, Mic Baudimant est un grand connaisseur de la mémoire des contes, croyances et légendes. Il est aussi un fin cornemuseux, « brioleux » et chanteur.

Né à Lignières-en-Berry, il n’a quitté son coin de terre que pour ses années d’études à Paris. À 16 ans, il « tombe dans la marmite » des Arts et Traditions populaires des Thiaulins de Lignières, au château du Plaix (Saint-Hilaire en Lignières) depuis 1961. Il devient le président de cette « maison de la culture locale », devenue Musée des Arts et Traditions Paysannes de la Province de Berry. Là, se multiplient les « Assemblées », les foires aux ânes, les conférences et les expositions, les rencontres et les veillées…

Parallèlement à son métier de professeur d’Arts plastiques, Mic Baudimant acquiert « sur le tas », des notions d’ethnographie le conduisant à piloter l’association pour l’Âne Grand Noir du Berry, l’Union pour la préservation et la valorisation des ressources génétiques du Berry, l’association pour la mise en valeur du Chemin des Maîtres Sonneurs… Il a réalisé le disque de collectage Musique traditionnelle en Berry, l’un des premiers enregistré en France, comportant des « briolages », ainsi qu’un important article dans Le chant de plain air des laboureurs. Dariolage, briolage… Colloque au pays de La Châtaigneraie en 2010, Paris, L’Harmattan, 2012.

Benjamin Lagarde

Originaire du Lot, chercheur associé de l’Institut d’Études Méditerranéennes et Comparatives, UMR 7307 (U. d’Aix-Marseille).

Après un Deug de sociologie à l’Université de Toulouse Le Mirail (mention Linguistique et Psychosociologie), une Maîtrise d’Ethnologie et un Master 2 d’Anthropologie (Université de Provence), qui le conduit au Doctorat en 2012, avec félicitations du Jury à l’unanimité.

Il pratique et compose de la musique, affiche une passion pour la viticulture (plantation, taille, soins, vendange, vinification).

Publications :

« Un monument à la mémoire des ancêtres esclaves : le maloya (Ile de La Réunion) », Conserveries mémorielles, n°3, U. Laval, Canada, 2007, p. 27-46.

« Du lontan au koméla : deux disques de maloya pour un avenir réunionnais », Faire Savoirs, Regards contemporains sur un « laboratoire vivant », Aix-en-Provence, Amarres, 7, p. 93-98.

Samson G, Lagarde B., Marimoutou C., L’univers du maloya. Histoire, ethnographie, littérature, St- André (La Réunion), Océan éditions/DREOI, 2008.

« Gramoun Bébé, le maloya kabaré », Cahiers d’ethnomusicologie, Genève, 21, 2008, p. 335-337.

« Le maloya, entre religions populaires et nouveaux syncrétismes », dans V. Aubourg (éd.), Actes du Colloque Religions populaires et nouveaux syncrétismes (14-15 mai 2009), Université de La Réunion/Surya Editions, Ste-Clothilde (La Réunion), 2011, p.83-97.

Réunion maloya. La créolisation réunionnaise telle qu’entendue depuis sa musique traditionnelle, Thèse d’anthropologie, U. Aix-Marseille, 2012.

« Compte rendu de Françoise Dumas-Champion, Le Mariage des cultures à l’île de La Réunion », L’Homme, 207-208, 2013, p. 369-372.

« Le maloya » dans E. Parent (dir.), Great Black Music, catalogue d’exposition Actes Sud/Cité de la musique, Paris, 2014.

« Sentier maloya : les voix d’un patrimoine », rédaction du catalogue d’exposition itinérante mandatée par l’Association Sauvegarde Mémoire Réunionnaise, Sainte-Suzanne, 2015.

Denis-Constant Martin

Denis-Constant Martin a été pendant plus de quarante-cinq ans chercheur à la Fondation nationale des sciences politiques (Centre d’études internationales de Sciences Po Paris, puis Les Afriques dans le monde, Sciences Po Bordeaux). Il a enseigné la sociologie des musiques populaires à Paris VIII-Saint-Denis. Denis-Constant Martin a publié de nombreux travaux de sociologie politique et de sociologie musicale, notamment :

Aux sources du reggae (Parenthèses, 1982).

– L’Amérique de Mingus (avec Didier Levallet, POL, 1991).

– Coon Carnival, New Year in Cape Town (David Philip, Afrique du Sud, 1999).

– La France du jazz, musique, modernité et identité dans la première moitié du XXe siècle (avec Olivier Roueff, Parenthèses, 2002).

– Le Gospel afro-américain, des spirituals au rap religieux, Actes Sud, 2008.

Hô Thuy-Trang

Concertiste et professeur, HÔ Thuy-Trang est née à Saïgon. À l’âge de six ans, elle a appris à jouer du dàn tranh (cithare viêtnamienne) et a travaillé le répertoire vocal au Conservatoire National de Musique et d’Art Dramatique de Saïgon.

Diplômée de l’Université Nationale de Musique Traditionnelle en 1986, et lauréate du Concours National de cithare de Jeunes Talents en 1992, elle se trouve aujourd’hui la troisième personne titulaire du Diplôme d’État français de professeur de musique. Elle enseigne dans différents conservatoires d’Île-de-France.

Durant ses 13 ans de résidence en France, par différents moyens de diffusion (direct, télévision, radio), elle a fait preuve de sa passion pour la musique viêtnamienne à travers des milliers de concerts, partout en France et dans une vingtaine de pays de par le monde. Elle met en musique des contes asiatiques. Elle est aussi musicienne du Musée de la Musique de Paris.

Elle supervise et conseille pour la musique viêtnamienne le groupe de saxophones Urban Sax Elle est la fondatrice et la directrice de son propre groupe de musique « Tiêng To Dông ». En 2015, elle a fondé un groupe unique du monde : le quatuor « Fil d’Asie » formé de quatre cithares asiatiques (Japon, Chine, Corée et Viêtnam).

Black Harmony Gospel Singers

Un voyage vers les racines de la culture afro-américaine.
Des murmures aux vocalises improvisées, symboles de liberté et d’espoir portant des valeurs universelles sur des timbres urbains, folkloriques et de plains-chants.
Un concert de vrai gospel, du chant authentique, celui de la liturgie des Églises, celui né de la transformation des cantiques initiaux en négros spirituals, pour chanter Dieu, mais aussi pour raconter la vie et la mort des déportées de l’esclavage, leurs souffrances, leurs espoirs.

Créée en 1994 par son chef de choeur, Jérémie Viraye Blach, Harmony Gospel Singers est un ensemble mixte et cosmopolite de musiciens noirs. Originaires des Antilles et d’Afrique, ces artistes ont été bercés depuis leur plus tendre enfance par le négro spiritual. Ils chantent a capella, en formation piano-voix, voire accompagné d’une impeccable section rythmique basse-batterie. Son chef de choeur a accompagné des artistes mondialement connus tels que Andréa Boccelli, Tinah Arena, Nicoletta, Phil Collins et bien d’autres. Invitée par les grands festivals, l’ensemble Black Harmony Gospel Singers adapte depuis plus de 14 ans les gospels traditionnels et contemporains.

Leur répertoire va de la musique noire américaine, le blues, le jazz (avec des références comme Mahalia Jackson, Charley Patton, Louis Armstrong, Duke Ellington) jusqu’à la pop américaine (de Mickael Jaskson, Aretha Franklin, et aussi les compositeurs de gospel contemporain, Richard Smallwood, Kirk Franklin, les frères Hawkins…).

Le gospel est incontestablement une révolte musicale contre une Amérique raciste, une expression de la souffrance des Noirs récemment émancipés, mais encore sous l’autorité blanche, particulièrement dans les États du Sud. Il fait plus souvent référence à Jésus-Christ et aux apôtres, c’est-à-dire aux Évangiles, contrairement aux negro spirituals qui évoquaient plutôt des personnages de l’Ancien Testament (Joshua Fit the Battle of Jerico, Go Down Moses…)..

Outre des gospels, notre programme comprendra des negro spirituals : type de musique vocale et sacrée né chez les esclaves noirs des États-Unis au XIXe siècle, à l’origine du gospel. Il est aussi la seule forme d’expression des esclaves de Noirs américains lors de la guerre de Sécession.

Coro de Bosa

… Le mystère des voix de Sardaigne.

Un chant aux accents archaïques issus du monde pastoral,
Un chant profond au timbre guttural,
Une polyphonie de timbres de quatre voix pour une …

Une île conservatrice. La Sardaigne a su conserver une grande richesse dans sa musique, qui ne fut transmise qu’oralement. La voix est l’une des expressions les plus originales de la musique sarde par sa richesse et sa variété de styles. Chanter à plusieurs voix a cappella, est une pratique très répandue, pratiquement la seule manière de chanter.

Vivacité de la tradition dans une société contemporaine. À l’ère de la mondialisation, les chants traditionnels résonnent toujours dans les communautés sardes comme au cours des siècles précédents, chants polyphoniques issus de la tradition orale. Des rites religieux ou purement festifs sont fidèlement suivis, toujours accompagnés dans les villages par les chants.

Les polyphonies sardes. Le chant polyphonique sarde – cantu a tenore, su tenore, su concordu, su contratu… – est inscrit au Patrimoine culturel immatériel de l’UNESCO depuis 2005. La voix principale des polyphonies profanes chante un texte ; les autres voix chantent des voyelles syllabées (comme un « scat »), plus ou moins ouvertes ou fermées, qui colorent le « spectre » de la pyramide sonore des accords. Les polyphonies religieuses, qui reposent sur une base de plain-chant, portent le témoignage de l’accord parfait, dont les tierces parallèles rappellent le faux-bourdon réalisé sur le chant grégorien dans nos églises jusqu’au tout début du XXe s.

Le chant de Bosa. Bosa même cultive le répertoire polyphonique cantu a tragiu, une manière particulière de désigner le cuncordu, mais qui fait aussi référence à un type d’exécution, un répertoire, un esprit et une histoire socio-culturelle propre à cette ville près de la mer, adossée à la queue de la dorsale alpine. Depuis 2000, l’Association culturelle du Coro di Bosa maintient cette propre tradition orale du chant, avec à son répertoire : des chants sacrés paraliturgiques en latin (Miserere et Stabat Mater…) ; des chants sacrés populaires en langue sarde (Deus ti salvet Maria, Cristos…) ; des chants profanes en langue sarde ; des créations plus récentes, des poésies ou des textes satiriques, chantés sur les schémas accordaux du traggiu traditionnel (Bosa Resuscitada, Gibildri, gibildro…).

Toutes les saisons

2012

La Voix et le Sacré

2013

Chemins vers l’extase

2014

La musique sacrée juive

2015

L’Opéra et le Sacré

2016

À la croisée des chants sacrés et des chansons traditionnelles

2017

Le Sacré chez Luther, Bach, Telemann