2013

Chemin vers l’extase

Vendredi 20 et Samedi 21 Septembre

Prolégomènes

Le chant extatique dans les trois religions révélées

En septembre 2012 à Saint-Amand-Montrond, le premier colloque Vox Aurea-Via Sacra s’était donné comme objet de débattre de quelques itinéraires liés à la voix, à la croisée de chemins aussi divers que les sciences humaines, l’art, la spiritualité et les pratiques contemplatives en différents points de la Terre… Il rassembla plusieurs artistes de renommée internationale.

Approfondissant sa quête sur la relation entre la voix et le sacré, Vox Aurea-Via Sacra 2013 abordera l’étude des pratiques extatiques soutenues par le chant comme medium spécifique au mysticisme, exprimé dans la modélisation vocale d’un texte ou en éclats de voix sans mots incarnés… La réflexion portera sur les trois religions révélées – partagées à divers égards entre charme et méfiance devant cette jouissance lyrique sacrée  : le judaïsme, le christianisme (romain et byzantin) et l’islam confrérique avec les mystiques soufis. Nous focaliserons sur l’expression de l’extase qui suscita de belles et fortes pages (saint-Jean de La Croix, sainte Thérèse d’Avila, Jean Surin, sainte Thérèse de Lisieux… ; Abu Hamid Al Ghazali, Farid Al-Din Attar, Djalâl ad-Dîn Rûmî… ; saint Jean Damascène,  Grégoire Palamas, saint Serge de Radonège… ; chants de la kabbale extatique…).

Il s’agira, dans un premier temps, d’analyser la voix, transitionnelle, en tant qu’expression de l’intérieur « entre corps et langage », comme voie d’accès vers le sacré et l’ineffable pour parler de Dieu autrement qu’en le réduisant à un savoir. L’harmonie du chant rappelle à la mémoire une harmonie intérieure et spirituelle pouvant mener à une dilatation ou à un ravissement. L’expérience religieuse de la contemplation s’extériorise en transports de joie, voire en une transe, ou se distille en intériorité : un enchantement, non un envoûtement.

Un second temps de réflexion portera sur les mécanismes, la nature, voire la structure mélodico verbale de l’énoncé de ces « apparitions disparaissantes » qui font découvrir la Transcendance, à la fois hors et en l’Homme. Comment chaque expression musicale use-t-elle du grain de la voix, de la manière de chanter, de la résonance, des outils verbaux et musicaux pour traduire une trace vocale de l’ineffable ?

Nous envisagerons trois types de chants, dont les mots ou seulement les sons dépeignent la prégnance fulgurante d’une présence manquante. Dans le premier, le pouvoir du mot ou du phonème – pouvant relever d’une langue sacrée – avec ses répétitions ou ses scansions, transgresse la loi du Verbe, non pour le dissoudre, mais pour l’excéder. Dans l’expression de la louange divine, un mode d’ornementation à l’extrême, le mélisme (plusieurs notes chantées sur une seule syllabe) est commun à plusieurs rites et liturgies (chrétiennes, juives, musulmanes, hindouistes…). Il établit vraiment un « sacred bridge », bien au-delà des seuls liens entre judaïsme et christianisme envisagés naguère par Eric Werner (Londres, 1959). Portés par ces dentelles de notes, les mystiques accèdent à l’état de ravissement, entre autres paramètres para musicaux, par le mot et sa musique ou par le son mis à nu.

Nous évoquerons alors les longues vocalises du chant synagogal créant des associations d’idées mystiques avec certains mots, le jubilus décrit par saint Augustin, Cassiodore…, le samâ’, audition ésotérique, « ouïe de l’âme » et véritable effectuation suscitant un choc spirituel (wajd) pour goûter au plus profond de l’être à l’harmonie des louanges universelles ; le dhikr, mental ou verbal, fondé sur la répétition lancinante, très codifiée, de Dieu, du nom du Prophète ou de formules sacrées ; les qawwâlis pakistanais entremêlés d’improvisations… De telles tensions émotionnelles aboutissent parfois à la transe engendrant la danse (celle des derviches tourneurs de la tradition mevlevi, par exemple).

Dans le deuxième cas, la voix, réduite à une pure mélodie, semble dire encore plus que les mots : chants juifs sans paroles (nigunim) « liant avec Dieu » ; glossolalie des chrétiens, ce « chant inspiré » dont parle saint Paul ;  les kratimata byzantins ; des éléments du chant khyal chez les soufis de l’Inde…

Enfin, dans le troisième cas, seront analysés des alliages très serrés du mot et de la musique, au seuil du silence, qui conduisent aussi à l’illumination intérieure, tels les chants sobres orthodoxes ou les psaumes très minimalistes chantés dans des communautés contemporaines, comme celle des Frères de l’Ordre de Saint-Jean.


Trois directions de réflexion

  • un colloque international pour approfondir la réflexion afin d’aborder « autrement » les concerts
  • un temps de partage, « Musiques mystiques », pour fondre l’horizontalité et la verticalité de l’écouter, du donner et du recevoir ensemble
  • une formation possible en amont du colloque, et des ateliers librement ouverts pour permettre l’expérience personnelle d’entrer dans le matériau et l’esprit du sonore.

Deux concerts publics

  • Les Chantres du Thoronet
  • Sœur Marie Keyrouz

 


Une mystérieuse alchimie de l’Or de la voix et de l’Or des chemins de l’exploration spirituelle faisant éclore ce double chiasme  :

Vox aurea, via sacra χ Vox sacra, via aurea

(Voix d’Or, voie sacrée χ Voix sacrée, voie d’Or)

Le programme

Vendredi 20 septembre

2013

CITÉ DE L’OR
PYRAMIDE DES MÉTIERS D’ART

  • 8 h Accueil et thé vert
  • 8 h 45 Thierry Vinçon, Maire de Saint-Amand-Montrond « Propos liminaires »
  • 9 h Alain Boudet « De la voix ordinaire à la voix sacrée : une voie d’or pour s’ouvrir à sa vraie nature »
  • 10 h Alberto Fabio Ambrosio, op « Mystique et extase : un chemin commun »
  • 11 h Pause
  • 11 h 15 Sœur Marie Keyrouz « Le chant sacré : une prière pour l’extase »
  • 12 h 30 Déjeuner
  • 14 h Hervé Roten « Le chant extatique dans la tradition juive »
  • 15 h Maciej Leszczynsky « Le mouvement d’hésychasme et son impact sur les formes de l’expression artistique dans la musique et la peinture de l‘Église orthodoxe »
  • 16 h Damien Poisblaud « Le chant grégorien : quelle mystique ? »
  • 16 h 45 Pause 17 h Jérôme Cler « Les Alevis et leurs rituels »
  • 18 h Frère Gonzague de Longchamp, fsj « Parole de Dieu et voix des hommes »
  • 19 h 15 Dîner
  • 20 h 30 Jérôme Cler, Mahmut Demir « Musiques mystiques » Et TOUS – Éclats de voix : le chanter ensemble

Samedi 21 septembre

2013

CITÉ DE L’OR
PYRAMIDE DES MÉTIERS D’ART

  • 9 h – 11 h rencontres avec les artistes, praticiens et chercheurs
  • 11 h 30 conclusion du colloque
  • 12 h 30 repas

CENTRE VILLE
ÉGLISE SAINT-AMAND

  • 16 h concert Les chantres du Thoronet
  • 20 h 30 concert Sœur Marie Keyrouz et huit solistes de L’Ensemble de la Paix

David Hykes

Compositeur, chanteur, enseignant contemplatif, chercheur, plasticien, Davis Hykes est le fondateur du Harmonic Chant/le Chant Harmonique (New York (1975) et de l’enseignement « Présence Harmonique » (Lausanne, 1980). Dans de nombreux pays, il donne des concerts, seul ou avec ses groupes, notamment  The Harmonic Choir/Le Chœur Harmonique.

Avec Sa Sainteté le Dalaï Lama, il a participé à des événements, dont des concerts-colloques, comme membre de la Faculté de l’Institut Esprit et Vie qui mène des recherches neuroscientifiques sur les bienfaits des pratiques contemplatives. Sa démarche contemplative attire l’attention d’un public nombreux et d’un cercle croissant de chercheurs, musiciens, médecins, et neuroscientifiques.

David Hykes pratique et partage son enseignement la « Présence Harmonique », qui relie  la musique, la méditation et l’harmonisation profonde. Sa recherche   dans le domaine de la musique cosmologique  et   des musiques sacrées du Tibet, de l’Inde, de la Mongolie et du Touva, ainsi que sa revalorisation du patrimoine acoustique de la France, tel qu’en l’abbaye du Thoronet, ont ouvert de nombreuses voies pour les musiques actuelles et futures. Avec sa fondation « Présence Harmonique », il a crée un centre de musique contemplative à Pommereau, dans un beau site cistercien à 90 minutes de Paris où il partage sa musique et sa recherche.

Il a édité 13 albums de musique, dont le CD À l’Écoute des Vents Solaires, enregistrement célèbre des harmoniques vocales. Il est aussi l’auteur de musiques de films : The Tree of Life de Terrence Malick…

La conférence avec débat du mercredi 18 septembre 2013

Présence Harmonique et la musique des sphères de l’être

L’enseignement Présence Harmonique de David Hykes comprend trois axes de travail : le Chant Harmonique, des pratiques contemplatives, et le ressourcement profond.

La dimension musicale s’appuie sur l’omniprésence de l’échelle harmonique dans l’Univers et dans toutes les musiques. Les harmoniques sont au son musical ce qu’est le spectre des couleurs pures à la lumière.

Le rayonnement fossile, l’écho du Big Bang, est cette résonance photonique dont 400 millions de particules réverbèrent à présent dans l’espace d’un corps humain.

Ce qui résonne en haut s’harmonise Ici, au milieu apparent, dans le corps, l’âme, et l’esprit de nos êtres : dans la musique terrestre, l’harmonie originelle résonne encore.

Ce travail fonctionne aussi comme une « musicothérapie » puissante, un moyen thérapeutique reprenant une tradition chamanique, dans le but de « harmoniser » les gens par les vibrations.

Atelier du jeudi 19 septembre 2013

Présence Harmonique et la musique des sphères de l’être

Objectif :
Ouverture et harmonisation de la conscience avec de vastes échelles de résonance de l’esprit, le corps, et l’âme. Ouverture aux échelles – aux harmoniques – du son, du souffle, du silence. Ouverture aux vastes possibilités d’harmonisation intérieure et au même temps avec les autres. Découverte de la nature profonde de l’esprit harmonique – l’éveil simultané de notre écoute, notre présence, nos liens profonds intérieurs ainsi qu’entre nous. Le travail du « chantier harmonique » – le mandala sonore. Vers le but ultime de savoir accompagner à tout moment tout ce qui est.

Public : Tout public.

Quelques thèmes :

  • La nature harmonique de la conscience humaine.
  • Les vastes échelles de l’écoute.
  • L’ordre musical dans l’univers et en nous-même.
  • Vivre la transformation de sa propre conscience comme moyen suprême pour trouver la vraie harmonie en soi et dans la vie.

Fondation Présence Harmonique
Pommereau, Autainville, F 41240
tél. 09 52 56 74 69
www.presenceharmonique.org 

 

Philippe Dossios

Ancien chef d’entreprise, thérapeute et naturopathe passionné par le développement des individus vers une meilleure santé physique, psychologique et spirituelle, coach depuis 1998, Philippe Dossios étend son champ d’action de la simple fatigue passagère au surmenage menant au burn-out en passant par tous les maux, petits et grands, qui jalonnent et perturbent la vie quotidienne.

À travers le temps sont nées des techniques visant à « reprendre la télécommande de notre esprit ».

Dans cette perspective, il pratique aussi bien la PNL, la Neuro-Sémantique, l’EFT (technique de libération émotionnelle) que d’autres techniques associées au coaching et à des pratiques plus traditionnelles (Bouddhisme, Advaita, Loi d’attraction etc… ).

Depuis plusieurs années, à côté de sa pratique du coaching, il enseigne la Méditation « non religieuse » MNR, une approche qui, plus qu’une technique, est un état d’esprit.

La conférence avec débat du 18 septembre 2013

Retrouver la paix au cœur du chaos

« Le Tao est toujours immobile, et pourtant il n’est rien qu’il ne fasse »  Tao te King

Notre esprit, tout comme la conscience collective, est actuellement très agité.

Plutôt que d’être décentré et ballotté par les événements, chacun de nous a le pouvoir d’accéder directement au « Centre du Chaos », un espace intérieur de calme et de stabilité,  appelé dans certaines traditions le Soi ou le témoin.

Ce recentrage passe par une prise de recul vis-à-vis de nos pensées et de nos émotions. Cette compréhension est aujourd’hui facilitée par ce que nous enseignent les théories quantiques, les neurosciences et les traditions méditatives.

Une fois acquise, cette nouvelle compétence nous permet gérer notre chaos intérieur et ainsi d’entrevoir des possibilités, des ouvertures, là où nous ne voyions jusqu’alors que des problèmes.

Et si, comme le disent les sages des anciennes traditions et les physiciens aujourd’hui tout ce qui existe dans l’Univers est interconnecté – (théorie du champ unifié), ce recentrage personnel est un pas décisif vers une transformation positive de notre vie et de notre environnement.

Atelier du jeudi 19 septembre 2013

Comment retrouver la paix au cœur du chaos 

Objectif  : 

3 heures pour commencer à mettre en pratique et intégrer dans votre quotidien une nouvelle attitude plus sereine et plus créative.

Moyens proposés :

  • Techniques de méditation et de recentrage.
  • Approches de coaching et de gestion du stress.

Public :

Toutes celles et ceux qui leur vie, souhaitent activer ou réactiver les ressources qui sommeillent en eux afin de mieux prendre du recul face aux difficultés de leur vie.

Quelques thèmes  : 

  • La loi de résonance et l’apport de la physique et des neurosciences.
  • Reprendre la télécommande de notre esprit et se préserver du chaos périphérique.
  • Retrouver son « centre » et récupérer de l’énergie créatrice.
  • Développer son intuition et devenir un phare pour le monde.
  • Conserver son équilibre physique et mental dans le changement.

Institut L’envol
Morges
Lausanne – Genève – Paris – Nice
tél. 00 41 79 637 60 25
www.institut-lenvol.ch

 

Sœur Marie Keyrouz

Messagère de la Paix, Lumière de la Musique sacrée, Voix mystérieuse de l’Orient.

Née à Deir-El-Ahmar (près de la cité romaine de Baalbeck) au Liban, Sœur Marie Keyrouz est élevée dans le rite de l’Église maronite. Elle rejoint l’Église grecque-catholique melkite, puis devient membre de la Congrégation des Sœurs Basiliennes Chouérites.Sœur Marie Keyrouz est docteur en Anthropologie religieuse et Musicologie (Paris IV-Sorbonne, 1991), titulaire d’un Diplômes d’Études approfondies de Sciences religieuses de l’Université Saint-Joseph de Beyrouth. Elle possède aussi un diplôme de chant classique occidental et oriental de l’Université Saint-Esprit de Kaslik. Elle a publié deux ouvrages : Je chante Dieu (éd. du Rocher, 1996) et Credo pour l’amour universel (Dbd, 2006).

Elle est la présidente fondatrice en 1994 de l’Institut International de Chant Sacré (IICS) à Paris. Elle entend en faire un lieu où elle peut mettre son expérience spirituelle et artistique au service de ceux qui le désirent, afin de promouvoir le chant sacré, oriental et occidental dans le monde entier à travers l’enseignement, les concerts, les congrès ou les colloques, dans un but spirituel, culturel et humanitaire en convertissant les bénéfices en bourses d’études pour les plus démunis.

Depuis une trentaine d’années, Sœur Marie Keyrouz chante la Paix et s’illustre parmi les grandes voix qui captent l’attention des auditoires occidentaux et orientaux. Très médiatisée par ses CD, elle se révèle la gardienne de la croisée des voies de la Religion, de la Sagesse et de l’Art, en unissant science, créativité et authenticité. Elle chante les musiques traditionnelles de l’Orient : maronite, byzantine, melkite, araméenne, mais aussi celle de l’Occident : ambrosienne, milanaise et grégorienne.

Elle fonda l’Ensemble de la Paix en 1984 au Liban alors en conflit. Elle réussit à rassembler des musiciens de tous les pays et de toutes les religions du Proche et du Moyen-Orient.

Depuis près de vingt ans, Sœur Marie Keyrouz puis son association Enfance pour la Paix œuvrent inlassablement pour la mise en fonctionnement du Centre Médical de Deir-El-Ahmar qui est un signe fort d’espérance pour une vingtaine de villages oubliés dans la Békaa-Nord, région déshéritée de la montagne libanaise (au service de 42.000 habitants répartis dans 14 villages de toutes confessions).

Sœur Marie Keyrouz s’était engagée depuis la naissance de ce centre qui était un simple dispensaire à alimenter régulièrement sa pharmacie en médicaments, avec la collaboration de plusieurs laboratoires et associations françaises.

Enfance pour la Paix et sa présidente fondatrice continuent à œuvrer pour que ce Centre Médical devienne un vrai hôpital qui fonctionne, non seulement comme source de vie, par les soins qu’il donne par priorité envers les plus démunis, Chrétiens et Musulmans, mais aussi par les emplois qu’il est en train de créer.

www.keyrouz.com

Les Chantres du Thoronet

…Un chemin vers l’intérieur, vers ce qui est au centre, au cœur et à la racine, vers ce qui ne se voit pas et qui est pourtant vital.

Les Chantres du Thoronet participent aux travaux de recherche entrepris depuis plusieurs décennies sur les monodies liturgiques latines et proposent une exécution appuyée sur des connaissances musicologiques et sémiographiques actuelles.

Ils s’appliquent à l’étude des répertoires « grégorien » et pré-grégorien consignés dans les graduels et les compilations de l’époque carolingienne.

D’un point de vue stylistique, ils proposent une reconstitution aussi vraisemblable que possible de ces répertoires destinés à l’origine à un usage liturgique, en s’appuyant sur les directives des auteurs ecclésiastiques anciens.

Ils travaillent à redécouvrir la vocalité propre au chant d’Église et s’attachent à pratiquer l’intonation non tempérée des échelles modales, afin de préserver la très grande richesse des monodies de l’octoéchos et les couleurs des harmonies des faux-bourdons.

Damien Poisblaud

Parallèlement à la philosophie et la théologie, Damien Poisblaud s’intéresse à la musique ancienne et l’étude des premiers manuscrits musicaux d’Occident dits « grégoriens ». Son intérêt pour l’art et de la pensée du Moyen-âge et l’ouverture à diverses musiques traditionnelles du monde, l’amènent à reconsidérer totalement son approche du répertoire traditionnel d’Église (qu’il pratique cependant en chœur régulièrement pendant plus de quinze ans).

Très attentif à la sonorité de chaque lieu, il travaille à mettre en valeur les structures mélodiques et prosodiques, et redécouvre l’importance de l’intonation non tempérée des échelles modales. Il étudie les traditions orales côtoyées par le grégorien et redécouvre le geste vocal qui rendrait véritablement vivante cette écriture musicale.

Il a entrepris des recherches sur les techniques vocales de plusieurs traditions méditerranéennes et les modes de résonance de la voix dans le corps humain. Il a travaillé avec Iégor Reznikoff, Marcel Pérès (Ensemble Organum), Marie-Noël Colette (École Pratique des Hautes Études)et Jean-Yves Hameline (anthropologie du geste rituel). Il collabore avec le musicologue Jacques Viret, de l’Université de Strasbourg.

En 1989, un premier enregistrement réalisé dans l’abbatiale du Thoronet illustre cette démarche originale. En 1991, il crée le Chœur Grégorien de Méditerranée. Son étude du chant byzantin selon les traditions grecque et syrienne d’Alep apporte des éléments nouveaux à sa quête. Avec le groupe des Paraphonistes, fondé en 1998, il propose une exécution appuyée sur les connaissances musicologiques actuelles.

En 2009, il a ouvert une classe de chant grégorien au Conservatoire de Toulon et assure également la formation au chant grégorien de plusieurs communautés religieuses en France. Il intervient dans différents colloques et congrès internationaux.

Depuis 2008, sa présence régulière à l’Abbaye du Thoronet (Var) lui permet, outre les concerts, de chanter le dimanche lors de la célébration religieuse, avec Les Chantres du Thoronet.

Les chantres du Thoronet
4 place Jean Dotto
83340 Cabasse

www.chamade-acoustic.com

Mahmut Demir

…un parcours d’homme et de musicien de la Turquie à Montreuil…

Mahmut Demir est né en 1960 dans un village montagnard kurde de la province de Sivas, au centre de la Turquie, pays des bardes ashiq depuis des siècles. Il appartient à cette tradition de musiciens itinérants qui transmettent la philosophie mystique et humaniste séculaire de l’Anatolie en s’accompagnant au saz, ou bağlama, luth à long manche qui se joue à l’aide d’un plectre (mızrap) ou à main nue (şelpe), selon une technique plus ancienne.

Il s’installe à neuf ans avec sa famille à Istanbul et, suivant l’exemple de ses deux oncles maternels, commence l’apprentissage autodidacte du saz. Également violoniste, il aura l’idée d’introduire dans sa région le kabak kemaniye ou «  violon dans la courge  », d’origine égéenne. Très jeune, il entre dans des troupes folkloriques et acquiert une réputation d’excellent chanteur, instrumentiste et danseur. En 1979, il remporte le premier prix au concours national des jeunes interprètes de musique populaire, organisé chaque année par le quotidien Milliyet.

À partir de 1980, il effectue plusieurs tournées en Europe (Suède, Norvège, Danemark, Allemagne, Suisse, Pays-Bas) avec le groupe Insan comme danseur et poly-instrumentiste. Il donne aussi des cours de danse, de musique et de chant dans plusieurs lycées réputés d’Istanbul, comme Notre Dame de Sion. Une de ses élèves obtient sous sa direction le premier prix national de chant traditionnel du quotidien Milliyet.

En 1986, après plusieurs séjours en Suisse où il continue ses concerts ainsi que l’enseignement de la danse et de la musique, il s’installe en France où il se marie. Depuis, il s’est produit aussi bien en Turquie que dans de nombreux pays d’Europe, en Tunisie et au Liban, en solo ou en duo avec sa femme Françoise Demir. ou dans d’autres formations  : trio avec Françoise Demir (chant) et Özcan Dursun (chant et saz) ; participation au groupe Djanam (chants des Balkans) et aux Musiciens du Monde sous la direction de l’oudiste tunisien Mohammed Zinelabidine ; accompagnement de soirées de poésie turque avec l’écrivain Jacques Lacarrière ; collaboration avec le Haïdut Trio de Steve Shehan, musiques de théâtre (Avignon, Paris, Toulouse, Genève) etc…

Mahmut Demir est non seulement un musicien exceptionnel, parvenu au sommet de son art, mais c’est aussi un humaniste, qui séduit autant par la chaleur et la richesse de son interprétation que par le contact intime qu’il sait, dès les premières notes, nouer avec son public.

www.sazparis.fr

Alain Boudet

Docteur en sciences physique, thérapeute, enseignant, j’ai passé mon enfance à Saint-Amand-Montrond. J’y ai fréquenté l’École Municipale de Musique, et j’ai été membre de l’Union Musicale. Toute ma vie, j’ai été passionné par la musique et par l’épanouissement de l’être humain, jusqu’à en faire récemment ma profession.

Actuellement enseignant en harmonie de vie (thérapeute psychocorporel formé à l’école biodynamique de Montpellier et à des approches bioénergétiques et spirituelles), je contribue à aider les personnes à s’ouvrir à leur vraie nature selon une approche qui m’est personnelle. Par l’attention aux émotions et aux sensations corporelles, la personne peut laisser s’épanouir ses qualités propres et retrouver un sens à sa vie. J’ai décrit cette démarche dans mon livre Pourquoi vivons-nous ? (Hélios 2011)

La libération de la voix, l’harmonisation par la voix, et l’accueil de l’enfant intérieur tiennent une grande place dans ma pratique. Elle est issue de mon évolution et de mes propres recherches au travers de plusieurs formations et participations: éducation musicale Willems, chœur régional de Toulouse Midi-Pyrénées, psychophonie (résonances corporelles) avec Marie-Louise Aucher à Sancerre, polyphonie corse avec Nadine Rossello, technique vocale indienne avec Ravi Prasad, sons sacrés de reconnexion avec Stéphane Cavé.

J’ai effectué ce cheminement tout en assumant ma profession de physicien au CNRS pendant 30 ans. J’y ai étudié les microstructures dans la matière plastique et publié un livre sur ce sujet. Il m’en est resté le besoin de vérifier la validité d’une connaissance, de la relier à l’expérience et au vécu. J’y ai découvert mon goût pour la vulgarisation des connaissances.

Très concerné par l’évolution du monde actuel et la mutation de l’humanité vers une nouvelle façon d’être, je consacre une partie importante de mon temps à des études synthétiques sur des sujets d’avant-garde qui nous permettent de comprendre le monde et l’être humain sous diverses facettes: biologie, physique, astronomie, psychologie, spiritualité, et musique…

Elles sont diffusées auprès du public sur mon site web dans un langage consistant et fluide. Je diffuse également mon enseignement par des conférences et des stages. Seule m’intéresse la connaissance vivante, celle qui nous touche dans notre être.

Les Poulvelleries
24200 PROISSANS
(0033 or 0) 5 53 303 898 – 6 18 37 22 11

Hervé Roten

Ethnomusicologue, Docteur en musicologie de l’Université Paris IV-Sorbonne, Hervé Roten est Directeur de l’Institut Européen des Musiques Juives. Spécialiste reconnu dans le monde entier, Hervé Roten est l’auteur de plusieurs dizaines de disques et de publications (livres, articles, actes de colloques…) sur les traditions musicales juives.

Ancien maître de conférence à l’Université de Marne-la-Vallée, il est également producteur de l’émission de radio « Musiques juives d’hier et d’aujourd’hui » sur Judaïques FM – 94.8.

Il est coordinateur de Yuval et responsable d’un projet scientifique consacré à l’étude des « Patrimoines musicaux des Juifs de France » de la Fondation du Judaïsme Français.

Publications  :

  • Musiques liturgiques juives : parcours et escales, Paris, Cité de la Musique/Arles, Actes Sud, 1998.
  • Les traditions musicales judéo-portugaises en France, Paris, Maisonneuve & Larose, 2000.

www.cfmj.fr

Alberto Fabio Ambrosio

Alberto Fabio Ambrosio, dominicain italien, habite depuis dix ans à Istanbul, où il travaille à la fois à l’Institut dominicain de recherche (DOSTI) et comme chercheur associé de l’IFEA (Institut français d’études anatoliennes) et du CETOBAC/EHESS (Centre d’études turques,  ottomanes, balkaniques et centrasiatiques). Il est professeur invité à l’Université pontificale grégorienne (Rome).

Il s’occupe en particulier de mystique musulmane et de l’extase mystique des derviches tourneurs. Son livre « Vie d’un derviche tourneur » est désormais une référence pour comprendre le fondement extatique du soufisme, terme spécifique pour désigner la mystique musulmane.

L’anthropologie du soufisme se rencontre avec celle du christianisme dans son prochain ouvrage Soufisme et christianisme. Entre histoire et mystique. Ici, on dévoile les rapprochements entre mystiques et extases des différentes religions.

Alors la mystique et son proche domaine de l’extase sont étudiés en historien des religions qui analyse la nature de l’extase dans le vaste champ du phénomène religieux.

L’historien des religions est aussi théologien et peut aller plus loin dans un approfondissement comparatif de toutes ces réalités qui peuvent paraître « ésotériques » au non initiés.

Parmi ses publications :

Danza coi Sufi. Un incontro con L’Islam mistico, Cinisello Balsamo, San Paolo, 2013

Petite mystique du dialogue, Paris, Cerf, 2013 ; Dervisci. Storia, antropologia, mistica, Rome, Carocci, 2011 ; Vie d’un derviche tourneur. Doctrine et rituels du soufisme au xviième siècle, CNRS Éditions, 2010 ; traduction (coll. R. Sctrick) d’un roman turc au Cerf, Itinéraires d’un soufi. Récits d’Ibn ‘Arabi, Cerf, 2013. Soufis à Istanbul. Hier, aujourd’hui, à paraître. Soufisme et christianisme. Entre histoire et mystique (à paraître).

 

Frère Gonzague de Longcamp

Né à Paris en 1975, il entre chez les frères de saint Jean en 1994. Initié jeune au piano puis au chant choral, à l’orgue et au théâtre, il participe activement au chant liturgique dans sa communauté dès son entrée et poursuit le travail du chant, seul et en schola avec différents artistes. Ordonné prêtre en 2004, il est envoyé au Sanctuaire de la Vierge des Pauvres à Banneux (Belgique) où, outre l’accueil des pèlerins, il participe à l’animation des célébrations liturgiques. Il est assistant du chantre de Congrégation.

Professeur de théologie au Studium de sa communauté à Rimont (Saône et Loire), il est actuellement Doctorant en théologie à l’Institut d’Études Théologiques de Bruxelles.

Publications :
Outre un grand nombre d’articles dans la Revue des Sanctuaires de Banneux (« la Vierge des Pauvres ») et des recensions régulières dans la Nouvelle Revue Théologique, « Création et économie divine », Aletheia, 36, décembre 2009, « Mariage et famille, une question politique », Aletheia, 28, décembre 2005.

 

 

Jérôme Cler

Après des études littéraires (Lettres Classiques), la rencontre des traditions musicales orales, à travers la guitare flamenca tout d’abord, puis le luth saz de Turquie, l’ont mené vers l’ethnomusicologie, et les traditions des Balkans et d’Anatolie. Depuis 1988, année de sa rencontre avec le maître de saz Talip Özkan, J. Cler fréquente la Turquie, où il a trouvé d’autres maîtres et amis dans quelques villages, auxquels il a consacré ses principales publications. Il a également travaillé en Bulgarie, et en Colombie. Son DEA d’Ethnomusicologie (M.  Lortat-Jacob, dir., 1983) portait sur la théorie du rythme aksak, sous la direction de 1992. Sa thèse (J. During, dir., 1998, Université de Paris X Nanterre) a pour titre  : Musique et musiciens de village en Turquie méridionale (régions d’Acipayam et Çameli, Denizli).

Jérôme Cler fut professeur de langue et littérature française à l’Institut Français de Madrid.

1987-1995, puis professeur de lettres classiques avant d’être détaché au CNRS (URA D1540, Mondes Turcs et Iraniens à l’époque moderne et contemporaine – actuelle UMR 7571). Chargé de cours au département d’études turques de l’Université Marc Bloch – Strasbourg 2, il est actuellement maître de conférences en ethnomusicologie à l’Université Paris IV-Sorbonne.

Parmi ses publications : Musiques de Turquie, Arles-Paris, 2000 ; Yayla, musique et musiciens de villages en Turquie méridionale, 2011. CD (enregistrements de terrain). Occora- Radio-France – Turquie : Musiques des yayla, 1994 ; Turquie : le violon des yayla. Mehmet Şakır, 1998 ; Turquie : Le sipsi des yayla, 1998 ; Turquie : le bağlama des yayla, 2008 ; Turquie : cérémonie de djem bektashi, la tradition d’Abdal Musa, 2013. Bulgarie : L’art de la gadulka, AIMP, Genève, Musée d’ethnographie, 2009 – Film : Derrière la forêt, Long métrage, 75mn.super-16, copie 35mm, 1999.

http://yayla.paris-sorbonne.fr (Turquie)

http://latoma.paris-sorbonne.fr (Colombie)

Maciej Leszczynski

Né en 1983 à Sokolka en Pologne, après le baccalauréat, Maciej Leszszynski poursuit ses études en iconographie à l’École supérieure de Bielsk Podlaski en Pologne. Il bénéficia d’une bourse pour étudier à Moscou le chant liturgique « neumatique » (znamennyi) de la Russ’ancienne et les éléments de base de la tradition byzantine avec le professeur B. Pietchonkine. De 2006 à 2009, il étudie la théologie orthodoxe au Séminaire orthodoxe et à l’Académie de Théologie chrétienne de Varsovie. Il est en même temps chef de chœur du Séminaire.

Actuellement, il est en Master à l’Institut de Théologie orthodoxe Saint-Serge à Paris où il travaille, sous la direction du Père Ozoline, sur la formation de l’espace liturgique et sa notion théologique à travers les siècles. Il suit également des cours à l’Institut Supérieur de Théologie des Arts à l’Institut Catholique de Paris.

Avec la bénédiction du Père Nicolas Ozoline, doyen de l’Institut Saint-Serge, il a formé un chœur d’étudiants qu’il dirige et dont le but est de partager l’expérience des différentes traditions vocales de l’Église orthodoxe. Il pratique le chant liturgique dans les différentes paroisses orthodoxes.

En musique, il s’en tient aux formes traditionnelles du chant cultuel chrétien et à ses anciennes traditions. La problématique générale sur laquelle il travaille est liée à la fonction théophanique des arts dans le mystère de la synthèse liturgique. Depuis 2012, il collabore avec des experts et praticiens du chant médiéval de la tradition gréco-byzantine et latino-grégorienne.

À la journée de recherche (Université de Paris IV-Sorbonne, juin 2013 : Traditions vocales en Méditerranée. Éthique et transmission), il présenta les valeurs du chant neumatique de la Russie ancienne. Peintre également, Maciej Leszczynski est l’auteur des fresques de la chapelle orthodoxe du Séminaire de Varsovie et de nombreuses icones.

Institut Saint-Serge
93, rue de Crimée
75019 Paris

Les concerts

Les chantres du Thoronet

SAMEDI 21 SEPTEMBRE 2013 à 16 H
Centre ville – Église Saint-Amand

Chant litaniques à formules répétitive (de type incantatoire), des hymnes rythmées, du chant soliste mélismatique… Damien Poisblaud remet en lumière l’interprétation originelle des premiers manuscrits grégoriens. C’est l’âme chrétienne qui palpite au cœur de ces notes, empreinte de force et de douceur ; c’est la vie qui s’écoule tout au long des psaumes et des mélismes ; c’est aussi un cosmos enfin réinvesti par la Parole qui se déploie par la voix des chantres. Mais c’est surtout une humanité réconciliée avec elle-même et avec toute la Création qui est conviée à la Gloire de Dieu.

Sœur Marie Keyrouz et Huit solistes de l’Ensemble de la Paix

SAMEDI 21 SEPTEMBRE 2013 à 20 H 30
Centre ville – Église Saint-Amand

De saint Romains le Mélode et saint Éphrem à sainte Thérèse de l’Enfant Jésus et Jean Paul II, le chant sacré est d’abord extatique et n’est qu’une incarnation de l’esprit pour que le corps devienne son temple. « Vous êtes les Temples de l’Eprit Saint ». Oriental ou occidental, un chant sacré est extatique, car il est une exaltation de la parole humaine qui aspire ressembler à celle de Dieu. C’est un axe vertical qui aide les âmes à toucher la divinité et les invite à s’introduire dans la région bienheureuse de paix et de sérénité où leur Créateur les attend pour traduire en formules significatives ce qui, en soi, est ineffable. Chanter le sacré, c’est servir l’âme pour rendre son vocabulaire qui est le silence, plus intense et plus lumineux en vie et en espérance. Le chant sacré est une prière pour l’extase, mais aussi pour le partage des grâces entre les humains, car elle ramène les âmes au sens de la véritable pratique cultuelle qui, avant d’être «rassemblement» neutre, est « rencontre » active des âmes et des corps vivants. Dans l’extase du chant sacré, l’homme est ramené au lieu qui abrite son âme et nourrit son corps.

Les échos de la presse

Téléchargez la : Revue de presse VAVS 2013

Toutes les saisons

2012

La Voix et le Sacré

2013

Chemins vers l’extase

2014

La musique sacrée juive

2015

L’Opéra et le Sacré

2016

À la croisée des chants sacrés et des chansons traditionnelles

2017

Le Sacré chez Luther, Bach, Telemann